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FAQ – Protection respiratoire (Réponses)

Essais d’ajustement : volet pour les utilisateurs des appareils de protection respiratoire (APR) N95

 

  1. Pourquoi faire un essai d’ajustement (fit test) pour les APR N95 ?

    Pour être efficace, un APR N95 doit former un joint étanche avec le visage afin d’empêcher l’air de pénétrer par le pourtour. Lors de la sélection de l’APR N95, l’essai d’ajustement permet à l’ajusteur de valider si le modèle choisi est ajusté correctement à votre visage.
     
  2. Quelles sont les consignes qui devraient être données aux travailleurs avant qu’ils ne se présentent à la période d’essai d’ajustement ?

    Les personnes qui seront testées ne doivent pas boire (à part de l’eau) ni fumer, ni mâcher de la gomme, ni manger au moins 15 minutes avant le test. Un goût en bouche peut altérer les perceptions.

    Aucun test ne doit être effectué avec un homme non fraîchement rasé ou qui porte une barbe, une moustache longue, des favoris approchant la bouche ou un « pinch » qui empêcherait un contact étanche entre la peau et le N95.
     
  3. Quels types d’APR N95 dois-je utiliser ?

    Vous pouvez utiliser tous les APR N95 qui sont approuvés par le NIOSH. Toutefois, ils ne présentent pas tous la même forme. Il est donc important d’offrir plus d’un modèle et des grandeurs différentes pour maximiser le succès des tests lors des essais.

    Ce dernier est évalué globalement, c’est-à-dire pour l’exercice au complet et non pas pour un fournisseur en particulier ou pour un modèle.  
     
  4. Quelles sont les étapes testées d’un essai d’ajustement ?

    Suivre le protocole recommandé par la CSA (Canadian Standard Association) qui comprend 6 étapes :
    1.    Respirer normalement
    2.    Respirer profondément
    3.    Tourner la tête latéralement
    4.    Incliner la tête vers le bas et vers le haut
    5.    Lire un texte à haute voix
    6.    Respirer normalement
     
  5. Pourquoi est-il nécessaire de réaliser une vérification d’étanchéité en pression positive et négative à chaque fois qu’un APR N95 doit être porté ?

    L’APR N95 n’est pas toujours parfaitement installé sur le visage de l’utilisateur. Pour valider sa bonne installation, il est important que l’utilisateur vérifie à chaque fois qu’il est appelé à porter un N95 que ce dernier forme un joint étanche avec son visage en vérifiant son étanchéité en pression positive et en pression négative.

 

Essais d’ajustement : volet ajusteur/formateur

  1. Que doivent savoir vos utilisateurs sur la méthode à suivre pour mettre et enlever l’APR N95 ?

    •    Appliquer les recommandations du fournisseur quant aux façons de mettre le N95. Valider avec la brochure d’accompagnement des N95.
    •    Enseigner que la position des courroies sur la tête modifie l’ajustement du N95. Relever la courroie supérieure ou l’abaisser près des oreilles peut réduire les fuites.
    •    Presser la pince nasale avec les 2 mains, si le N95 en possède une. À défaut, il peut se créer un espace entre le nez et le N95.
    •    Démontrer comment mettre et retirer le N95 lors de la formation, avant les essais.
    •    Faire pratiquer le personnel avant de réaliser les essais. S’assurer que les personnes mettent et retirent correctement leur APR.
    •    Réussir les 2 vérifications d’étanchéité (pression positive et négative) avant de procéder aux essais d’ajustement.
     
  2. Que faire en cas d’échec à un essai d’ajustement ?

    Si le modèle sélectionné semble épouser les formes du visage de l’utilisateur mais qu’il échoue au test de vérification d’étanchéité, il s’agit peut-être d’un problème lié à l’installation du N95 sur le visage (ex. : pince nasale mal ajustée). Si tel est le cas, demander à l’utilisateur s’il se sent assez bien pour reprendre l’essai d’ajustement. Dans l’affirmative, lui demander de repositionner et de réajuster le N95 sur son visage et procéder à une nouvelle vérification de l’étanchéité en pression positive et négative. Avant de procéder à ce nouvel essai d’ajustement, s’assurer de l’absence de goût amer résiduel dans la bouche de l’utilisateur.

    Après un deuxième échec lors d’une même séance d’essais d’ajustement, il serait préférable de revoir l’utilisateur à un autre moment afin de tester un autre modèle de N95.  
     
  3. Que faire lorsqu’aucun modèle ne semble fonctionner pour un utilisateur ?

    Si vous avez testé tous vos modèles de N95 et que les essais d’ajustement mènent à des échecs à répétition, quelques options s’offrent à vous :

    a)    Demi-masque réutilisable en élastomère
    Plutôt qu’un APR jetable, le port d’un modèle réutilisable en élastomère est possible. Ce type d’APR requièrt aussi d’être testé lors d’un essai d’ajustement. Le même protocole est alors utilisé.

    Les filtres peuvent être réutilisés plusieurs jours selon les Centers for Disease Controls (CDC).

    Il faut toutefois mettre en place des procédures pour le nettoyage régulier, l’entreposage et l’entretien du masque et des filtres et les enseigner aux utilisateurs.

    Au moins un établissement de santé au Québec a retenu cette stratégie en 2009 dans sa préparation à une éventuelle pandémie.

    b)    Appareils de protection à épuration d’air motorisé ou PAPR (Powered Air-Purifying Respirators)

    Ces appareils sont aussi une option. Ils offrent une protection respiratoire supérieure aux autres modèles. L’air respiré par le porteur est soufflé dans une cagoule par un dispositif à pile porté à la taille. L’air est filtré. Son principal avantage est de faciliter la respiration de l’utilisateur. Il n’y a pas d’essais d’ajustement à réaliser. Des règles d’usage, d’entretien et de nettoyage doivent être enseignées. Le coût est élevé.

    c)    Réévaluer les tâches du travailleur afin d’éviter de l’exposer à des situations à risque
     
  4. Questions concernant les solutions pour essais d’ajustement (Bitrex ou saccharine)

    a)    Combien peut-on faire d’essais d’ajustement avec une bouteille de Bitrex ou de saccharine ?

    Selon 3M, de 100 à 200 essais d’ajustements pourraient être effectués par bouteille, suivant le mode d’organisation et l’expérience des ajusteurs.

    Ces derniers peuvent réduire les pertes de produit s’ils le dosent adéquatement dans le nébuliseur.
    •    Si une seule personne doit subir un essai d’ajustement, il est recommandé de ne mettre qu’une petite quantité de solution dans le nébuliseur plutôt que de le remplir à ras bord. Dans ce cas de figure, une fois le nébuliseur rempli et le(s) test(s) d’ajustement effectué(s), l’ajusteur doit en effet jeter la solution résiduelle se trouvant dans le nébuliseur et ne pas la remettre dans la bouteille.
    •    Si les ajusteurs regroupent les tests d’ajustement, ils minimisent encore davantage les pertes de produit.  En effet, en planifiant une demi-journée ou une journée de tests d’ajustement, l'ajusteur est en mesure de remplir les nébuliseurs de manière plus importante et moins fréquente. Il effectue moins de vidanges à l’évier et plus de tests avec une même quantité de produit.

    b)    Quand faut-il changer les solutions versées dans les nébuliseurs pour les tests de sensibilisation ou pour les essais d’ajustement ?

    À l’annexe B (art. B.3.3.2) de la norme CSA Z94.4-2018, il est indiqué de bien rincer le nébuliseur à l’eau, de le secouer pour l’assécher et de le remplir au moins chaque matin et après-midi, ou toutes les 4 heures.

    c)    Les solutions utilisées pour les tests de sensibilisation ou pour les essais d’ajustement cristallisent. Dois-je les changer ?

    Selon le fournisseur 3M, la présence de cristaux dans leurs bouteilles de Bitrex (solution amère) ou de saccharine (solution sucrée) démontre tout simplement que la solution est saturée. Cela n’altérerait pas les résultats des essais. Les solutions présentant des cristaux peuvent donc être utilisées pour réaliser les essais.

    d)    Y a-t-il une durée de conservation pour les solutions utilisées pour les tests de sensibilisation ou pour les essais d’ajustement ?

    Selon un avis écrit de la compagnie 3M en mai 2009, il n'y a pas de durée de conservation publiée pour les solutions de sensibilisation et d'essai d'ajustement. En cours de fabrication, les bouteilles contenant ces solutions sont stérilisées à l'autoclave.

    e)    Peut-on remettre l’excédent des solutions pour les tests de sensibilisation ou pour les essais d’ajustement dans leurs bouteilles respectives ?

    Les solutions ne contiennent aucun agent de conservation qui pourrait inhiber la croissance microbienne. Il est donc impératif de ne JAMAIS remettre dans la bouteille les restes de solutions contenues dans le nébuliseur, mais de les jeter pour éviter de contaminer la solution dans la bouteille.  
     
  5. Peut-on demander à un utilisateur de tirer sur les courroies du N95 afin de les raccourcir ?

    Non. Il n'est suggéré nulle part dans les consignes des différents fournisseurs d’APR N95 jetables de raccourcir les courroies afin de permettre un meilleur ajustement.

    Cette pratique serait même dangereuse pour différentes raisons :
    •    Le dispositif de fixation des agrafes n’est pas un dispositif d’ajustement de la longueur des courroies
    •    Raccourcir les courroies pourrait fragiliser le dispositif de fixation et permettre leur éventuel glissement
    •    Rien ne garantit que, lors des activités de travail, les élastiques ne glisseront pas sous les agrafes, ce qui pourrait exposer le porteur à un contaminant duquel il veut se protéger
    •    Il n’y a pas d’assurance de pouvoir reproduire ce raccourcissement à chaque fois qu’on effectue cette manœuvre, ni que ce réglage improvisé dure le temps requis.


Essais d’ajustement : volet administrateurs du programme de protection respiratoire

  1. Quelles compétences devraient maîtriser un ajusteur/formateur ?
     
    • Connaître les situations où un APR N95 doit être porté dans son établissement
    • Comprendre les raisons d’effectuer un essai d’ajustement
    • Connaître les lois et règlements encadrant la protection respiratoire
    • Connaître les modèles d’APR N95 utilisés par son établissement
    • Être en mesure de vérifier que les utilisateurs savent :
      • Inspecter un APR N95
      • Enfiler et retirer l’APR sans l’aide de l’ajusteur
      • En vérifier l’étanchéité
    • Connaître la solution utilisée pour l’essai d’ajustement et peut décrire le goût à un utilisateur
    • Connaître le déroulement de l’essai d’ajustement :
      • Reconnaître si un utilisateur se qualifie pour un essai d’ajustement
      • S’assurer que l’APR choisi convient à l’utilisateur
      • Voir qu’un APR est mal ajusté en observant une situation et en questionnant le porteur sur le confort et l’ajustement de son APR
      • Savoir exécuter les différentes étapes de l’essai d’ajustement
      • Faire comprendre l’importance pour l’utilisateur d’utiliser uniquement l’APR (marque, modèle, taille) avec lequel il a réussi l’essai d’ajustement
         
  2. À quelle fréquence devrait-on faire des essais d’ajustement ?

    Comparer les versions de 1993 et de 2018 de la norme CSA Z94.4 permettent de prendre position.
    • Version de 1993
      Un ou des essais d’ajustement devraient être effectués au moins chaque année ou lorsque les conditions de travail nécessitent une modification du type de respirateur (art. 7.1.3)
    • Version de 2018
      Un essai d’ajustement doit être effectué au moins tous les deux ans (art. 7.1.3)

      L’ASSTSAS est d’avis que la version 2018 de la norme CSA Z94.4 est plus directive et qu’un essai d’ajustement effectué au moins tous les deux ans est recommandé.
       
  3. Devrait-on effectuer un test d’ajustement sur une femme enceinte ?

    La réponse à cette question est sujette à réserve.

    Durant sa grossesse, la morphologie de la femme évolue :
    • Une modification du visage, plus ou moins marquée, peut être constatée chez certaines femmes enceintes
    • La grossesse implique aussi un gain de poids pour la plupart des femmes

Ces deux éléments sont des facteurs personnels mentionnés comme importants par la norme CSA Z94.4-93 : Choix, entretien et utilisation des respirateurs, qui a force de loi au Québec. Ces deux éléments sont susceptibles d’entraîner la nécessité d’un nouveau test d’ajustement pour une personne en ayant déjà subi un précédemment.

Si une femme a subi un essai d’ajustement avant sa grossesse et qu’il lui est demandé de porter l’APR qui lui convenait à cette période, rien ne permet d’emblée d’assurer que cet APR lui convient toujours lors de sa grossesse. Il faudrait donc organiser un nouveau test d’ajustement afin de valider quel est l’APR approprié.

  • Pertinence de tenir un fit test durant la grossesse d’une femme : quels sont les buts recherchés ?

    Si l’objectif est de définir le port d’un APR après son retour au travail ou si on souhaite valider un choix d’APR effectué par le passé avec un essai d’ajustement réussi à l’époque, il serait davantage pertinent d’attendre le retour au travail après l’accouchement pour effectuer le test.
  1. Que faire si l’inventaire d’APR jetables est insuffisant, après avoir considéré toutes les mesures telles que les mesures d’ingénierie (ex. : salle d’isolement) et administratives (ex. : cohorte des clients) et l’approvisionnement avec d’autres APR ?
     

    Les options ne sont pas simples et comportent leurs limites (Fisher et coll, 2014). La décision appartient aux instances désignées.

    L’Association for Professionals in Infection Control and Epidemiology (APIC) a proposé en 2009 des recommandations en situation d’urgence exceptionnelle. Celles-ci s’appuient sur celles d’autres organismes mentionnés dans l’article mentionné ci-dessous. Seules la prolongation et la réutilisation d’un APR jetable sont résumées ici.

    Notez que les étapes proposées peuvent être différentes de ce qui est habituellement recommandé, puisque les contextes d’utilisation sont différents et qu’ils impliquent soit un port prolongé de l’APR, soit sa réutilisation. Les risques de toucher une partie contaminée sont donc plus importants.

    La plupart des agents pathogènes respiratoires sont transmis par grosses gouttelettes ou par le contact avec celles-ci. L’extérieur de la protection respiratoire portée par un soignant peut devenir contaminé. Par conséquent, des précautions doivent être prises pour prévenir l’exposition du travailleur lors de la prolongation de la durée d’utilisation d’un APR ou de sa réutilisation.


    Définitions

  • ​​Un usage prolongé consiste à porter en continu le même APR jetable pour une série de patients sans le retirer.
  • Une réutilisation est définie par le fait de retirer un APR, puis de remettre le même APR.

Prémisses

  • Encourager fortement le personnel soignant à se faire vacciner lorsqu’un vaccin est disponible
  • Privilégier l’usage prolongé des APR N95 plutôt que prioriser l’allocation des APR N95 et des masques chirurgicaux en fonction du risque d’exposition
  • Opter pour l’usage prolongé d’un APR N95 est préférable à sa réutilisation

Pratiques recommandées

  • L’APR devrait être porté par un seul usager
  • L’APR ne devrait pas être retiré, ni ajusté, ni touché pendant un soin
  • Éviter la contamination en ne touchant pas l’extérieur de l’APR
  • Éviter de toucher l’intérieur de l’APR
  • L’APR doit être jeté après une intervention médicale génératrice d’aérosols (IMGA)
  • L’APR doit être jeté s’il est visiblement souillé par des liquides biologiques du patient, incluant le sang et les sécrétions respiratoires, ou endommagé ou, encore, si la respiration est difficile
  • Considérer l’utilisation d’un masque chirurgical, d’un masque de procédure ou d’une visière par-dessus l’APR pour réduire sa contamination
    • Retirer avec soin le masque chirurgical ou la visière pour ne pas contaminer l’APR
    • Le masque chirurgical doit être jeté après un seul usage. La visière réutilisable doit être décontaminée après chaque usage.
    • Se laver les mains après le retrait du masque ou de la visière, AVANT de retirer l’APR
  • Se laver les mains AVANT et APRÈS avoir touché l’APR.

Dans le cas d’une réutilisation, ajouter ces pratiques aux précédentes

  • L’APR doit être retiré avec précautions pour éviter toute contamination croisée
  • Le personnel doit être informé de la nécessité de se laver les mains après qu’il ait mis l’APR et après le dépôt de ce dernier dans la zone d’entreposage prévue
  • L’APR doit être rangé dans un endroit propre et sec pour limiter sa contamination et conserver son intégrité
    • Le ranger dans un contenant/sac respirable (ex. : sac en papier) ou suspendu à un endroit désigné
      • Le contenant doit être identifié au nom du soignant
      • Ce contenant doit être à usage unique et jeté après que l’APR est retiré
    • Identifier l’APR au nom du soignant sans l’endommager (ex. : sur la courroie)
  • L’APR doit être inspecté avant chaque usage pour vérifier son intégrité
  • La vérification d’étanchéité doit être réalisée avant toute entrée dans une zone à risque. En cas d’échec, jeter l’APR
  • Jeter tout APR endommagé

Pour en savoir plus :

 

 


En résumé

 

 


Si vous êtes dans une situation de travail qui implique l’affectation d’une travailleuse enceinte à une tâche qui requiert le port d’un APR, assurez-vous d’avoir préalablement examiné l’ensemble de la situation de travail afin de valider si ce choix est nécessaire et sécuritaire. Avant d’assigner une femme enceinte à la tâche en question, ou si vous, ou la travailleuse enceinte, avez un doute, adressez-vous au service de santé de votre établissement afin de valider les différentes options.

Rappelons que toute travailleuse enceinte qui croit que son travail comporte un danger pour sa santé ou pour celle de l’enfant à naître peut consulter son médecin, lui décrire son travail et lui demander de remplir le « Certificat visant le retrait préventif et l'affectation de la travailleuse enceinte ou qui allaite » afin de valider les conditions sécuritaires dans lesquelles son travail peut être effectué et pour lever tout doute le cas échéant.