asstsas

Foire aux questions (FAQ) - DEP

Cliquez sur l'un des thèmes ci-dessous pour accéder aux recommandations de l'ASSTSAS.



Activités de suivi PDSB

À quelle fréquence doit-on donner des mises à jour PDSB auprès du personnel ?

Une fois émise, la carte d’attestation de formation remise à un travailleur demeure valide et ne comporte pas de date d’expiration. Cependant, l’ASSTSAS encourage fortement l’employeur à offrir des activités de suivi ou de rafraîchissement sur une base régulière afin que le personnel soit toujours au fait des nouveautés (ex. : nouveaux équipements). Si aucune activité de suivi ou de rafraîchissement n’est offerte sur une base régulière, l’ASSTSAS recommande qu’elle soit prévue au moins aux deu​x ou trois ans.

Les contenus des SFR-1 et SFR-2 sont d’excellentes sources d’information à partir desquelles les formateurs PDSB peuvent préparer des activités de suivi ou de mise à jour.

(Date de publication : mai 2014)

Mon établissement souhaite que je fasse des mises à jour PDSB auprès du personnel. Quel contenu dois-je donner ?

Les mises à jour, également appelées activités de suivi ou de rafraîchissement, sont effectivement fortement encouragées afin de permettre au personnel de prendre connaissance des nouveautés ou de se familiariser avec un nouvel équipement, mais aussi, pour corriger des problématiques encore présentes ou consolider des acquis.

Le contenu des activités de suivi PDSB ne peut pas être pré-formaté puisqu’il doit absolument être conçu en fonction des besoins de chaque établissement qui varient considérablement d’un endroit à un autre ou d’un département à l’autre d’un même établissement. Ainsi, pour planifier une activité de suivi PDSB, le formateur devrait préalablement s’informer de l’état de la situation en matière de déplacement de bénéficiaires et bâtir son contenu de formation en conséquence.

Parmi les informations pouvant l’aider à identifier la nature des besoins de mise à jour, on retrouve :

  • des questionnaires ;
  • des rencontres avec les travailleurs ;
  • des observations de tâches ;
  • des consultations de statistiques des lésions professionnelles ;
  • des demandes spécifiques d’un gestionnaire ou d’un service (ex. : admission d’un client obèse ou achat d’un nouvel équipement), etc.

Si vous voulez que les participants retiennent quelque chose qui leur sera utile et qui aura un impact sur les accidents du travail, il est essentiel de se coller à leur réalité et de créer un contenu de formation spécifique à partir des informations que vous aurez recueillies.

Si vous constatez, par exemple, que les PDSB ne sont pas appliqués, vous devrez, avant même de planifier votre activité de suivi, en identifiant la raison. Si les soignants n’appliquent pas les PDSB parce que l’équipement n’est pas disponible ou que les plans de travail ne sont pas à jour, vous aurez beau revenir sur les principes, ça ne fera aucune différence.

L’ASSTSAS souhaite vivement que ses formateurs saisissent l’opportunité créée par des demandes de mise à jour PDSB pour faire réfléchir les établissements sur leurs pratiques organisationnelles et non pas donner une formation non personnalisée qui ne répondrait pas nécessairement à leurs besoins.

C’est pour cette raison que nous ne proposons aucun contenu de formation. Nous avons toutefois une grande quantité d’informations sur notre site dont vous pouvez vous inspirer pour bâtir votre contenu de formation, après avoir analysé les besoins et la situation dans votre établissement.

Enfin, n’oubliez pas que les conseillers de l’ASSTSAS sont à votre disposition pour vous aider à évaluer les besoins dans votre établissement et mettre en place des activités de suivi. N’hésitez pas à nous contacter !

(Date de publication : mai 2014)

Quelle devrait être la durée des activités de suivi PDSB ?

Il n’y a aucune norme à ce sujet, la durée des activités de suivi variant parfois entre 15 minutes et une journée complète. Toutefois, plusieurs critères peuvent entrer en ligne de compte pour vous aider à faire les bons choix :
  • quantité et type de  contenu à couvrir ;
  • nature de l’activité proposée: théorie vs atelier pratique vs démonstration etc. ;
  • nécessité ou non de revenir sur certaines notions de base ;
  • nombre de personnes qui doivent participer à l’activité ;
  • facilité à libérer le personnel ;
  • budgets ;
  • lieu où l’activité aura lieu ex : unités de soins ou salle de formation ;
  • etc.

L’important est, avant tout, de s’assurer de répondre aux besoins des participants et de tenir compte de la réalité de l’établissement. Des petites capsules de 15 minutes, données directement sur les unités de soins peuvent être aussi bénéfiques que des journées entières de formation, surtout si leur contenu a été bien ciblé.

(Date de publication : mai 2014)

 

Enseignement des PDSB comme travailleur autonome

Un établissement qui n’a pas de formateur PDSB me demande de donner de la formation à son personnel. Suis-je autorisé à donner la formation à titre de travailleur autonome et quelles sont les règles à respecter ?

En tant que formateur PDSB accrédité par l’ASSTSAS, vous avez le droit de proposer vos services pour donner la formation à des travailleurs en cours d’emploi, dans tout type d’établissement, privé ou public. Vous devez néanmoins vous conformer aux mêmes standards que si vous donnez la formation PDSB dans votre établissement, et ce, pour obtenir des cartes d’attestation pour vos participants.Ces standards tiennent compte du type d’établissement où la formation est donnée et sont les suivants :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


(Cliquer ici pour agrandir le tableau)

Nombre de participants par formateur lors de la formation

  • Maximum : 12
  • Minimum : 3

Formats et délais

  • Une formation PDSB complète peut être diffusée en plusieurs rencontres consécutives.
  • Par ailleurs, si le format retenu va au-delà de trois rencontres (ex. : cinq demi-journées pour une formation en soins à domicile), chaque rencontre supplémentaire requiert l’addition d’au moins 20 minutes à l’horaire de formation pour redémarrer, resituer les participants et faire une brève révision des rencontres précédentes.
  • La formation s’étale sur un maximum de trois semaines.
  • Le suivi en milieu de travail doit avoir lieu au plus tard un mois après la dernière rencontre.

Vous pouvez également adapter le contenu afin de répondre plus spécifiquement à la réalité des travailleurs à qui vous donnerez la formation. Par exemple, on retrouve peu de clients en assistance totale en résidence privée pour aînés alors cette partie de la formation n’est pas obligatoire et est remplacée par la section sur les soins d’hygiène. On peut aussi, à titre d’exemple, intégrer des notions de déplacement sécuritaire de bénéficiaires lors d’une évacuation incendie ou consacrer du temps de formation à revoir l’utilisation de certains équipements spécifiques à la résidence en question.

(Date de publication : mars 2014)

 

Un établissement qui n’a pas de formateur PDSB me demande de donner de la formation à son personnel. À titre de travailleur autonome, combien devrais-je facturer pour donner la formation ?

Contrairement aux standards de formation qui sont établis par l’ASSTSAS et qui doivent être respectés, il n’existe pas de règle pour déterminer les honoraires qu’un formateur PDSB peut exiger lors de la diffusion de la formation à titre de travailleur autonome.

Par ailleurs, il existe certains principes commerciaux à prendre en considération lorsque vient le temps de déterminer le montant à facturer à un client pour la diffusion d’une formation. On commence par une estimation du temps requis pour préparer et diffuser ladite formation. Ainsi, pour estimer le temps à investir, on peut se poser les questions suivantes :

  • est-ce que je connais le type de clientèle et l’établissement où la formation devra être diffusée. Si la réponse est non, combien de temps dois-je prévoir pour me familiariser avec ceux-ci afin que ma formation soit bien adaptée à leur réalité et à leurs besoins ?
  • est-ce que je vais donner cette formation à une seule occasion dans cet établissement ou de façon régulière ?
  • serais-je responsable de fournir les équipements requis pour la formation (projecteur, ordinateur, lit, lève-personne, etc.) ou c’est l’établissement qui s’assurera que tout sera en place à mon arrivée ?
  • combien de temps est prévu pour le suivi après la formation (suivis individuels et suivi des impacts dans l’établissement) ?
  • combien de temps dois-je consacrer pour donner la formation en incluant mon temps de déplacement, le temps de préparation, le rangement de la salle de formation, etc. ?

Une fois cette estimation de temps complétée, el formateur PDSB peut établir son prix, à partir du tarif horaire souhaité. Ce tarif variera, par exemple, en fonction des qualifications et de l’expérience du formateur, de l’offre et de la demande, de la région géographique, etc.

De plus, il ne faut pas oublier d’ajouter des frais pour les cahiers du participant, les cartes d’attestation, les frais de déplacement, etc.

Par ailleurs, plusieurs services de formation des commissions scolaires qui offrent la formation PDSB proposent une tarification établie par la convention collective des enseignants à la formation aux adultes. Si vous enseignez dans ce type d’organisation, vous devrez donc accepter la rémunération préalablement déterminée. À titre d’exemple, un formateur PDSB détenteur d’un baccalauréat recevra une rémunération de 48 $/heure d’enseignement.

(Date de publication : mars 2014)

 

PDSB enfants

À partir de quel poids recommande-t-on aux intervenants d’utiliser un lève-personne (ou tout autre équipement) avec les enfants qui n’ont pas l’autonomie pour se déplacer seuls ?

C’est la question à 100 $ ! Mais malheureusement, la réponse n’est pas si simple...

Dans la vie de tous les jours, les parents prennent quotidiennement leurs enfants non handicapés dans leurs bras jusqu’à ce que ceux-ci soient capables de marcher. À ce moment, le parent aura le réflexe de dire à son enfant « Maman (ou papa) t’aime beaucoup, mais je ne te soulève plus, tu es devenu trop lourd. Tu es capable de marcher tout seul ». La nature étant bien faite, cet âge permet à l’enfant d’assouvir son besoin d’autonomie et au parent de s’accorder un peu de repos !

Avec des enfants présentant des déficiences motrices, l’autonomie dans les déplacements n’est pas au rendez-vous. Les intervenants auprès de l’enfant et la famille ne peuvent pas compter sur la même évolution des capacités pour espérer donner un répit à leur dos. Il est donc pertinent de se questionner sur la notion de soulèvement de charge maximale sécuritaire.

L’organisme britannique Health and Safety Executive (HSE) a produit des tables de valeurs limites de manutention de charge en fonction de la hauteur de prise, de la distance et du sexe de l’employé. Basées sur une fréquence de soulèvement de deux fois par heure, on constate que, dans des conditions idéales, soit près du corps, à la hauteur de la taille, avec une charge stable et avec une bonne prise, la charge maximale recommandée pour une femme est de 16 kg soit 35 livres. Dans des postures contraignantes, cette valeur limite est réduite à 3 kg (ou 6,6 lb).


Figure 1  Valeurs limites selon le sexe, la distance et la hauteur de prise et de dépôt
(Source : Health and Safety Executive (HSE), Getting to grips with manual handling, United Kingdom, p. 10)

Or, le travail auprès d’enfants présentant des déficiences motrices amène souvent des mobilisations à partir du sol. Les charges maximales acceptables sont donc plus près des valeurs minimales du tableau.

Plusieurs facteurs peuvent influencer le degré de difficulté du travail auprès des enfants présentant des déficiences motrices tels les tâches à effectuer, les caractéristiques de l’enfant, ses capacités physiques et cognitives, le nombre d’enfants à s’occuper, etc. Ces enfants présentent souvent de l’hypotonie, ce qui rend la prise instable et difficile lors des mobilisations. Le contexte de travail est aussi différent de la situation familiale, car les travailleurs doivent réaliser une quantité plus élevée de mobilisations dans la journée compte tenu des nombreux enfants traités.

Ces enfants devront recevoir des soins à long terme. Ils vont grandir, vieillir et s’alourdir sans atteindre le niveau d’autonomie aux déplacements. Leur poids dépassera alors largement la charge maximale acceptable en conditions optimales.


Courbe âge vs poids
(Source : Wikipédia)

Quel choix s’offre alors aux soignants ? Comme pour la clientèle adulte, les principes de déplacement sécuritaire des bénéficiaires (PDSB) s’appliquent. Il faut donc éviter tout soulèvement d’enfant et favoriser au maximum l’utilisation d’équipement de mobilisation et de transfert. Sinon, il faut trouver des solutions de rechange pour rouler, glisser ou pivoter les enfants plutôt que de les soulever. Des lève-personnes, des verticalisateurs, des petits bancs à roulettes et des surfaces de glissement devraient mis à la disposition des employés. L’ASSTSAS a développé une formation PDSB adaptée à la clientèle pédiatrique ainsi qu’une série de vidéos démontrant des équipements et différentes stratégies afin de mobiliser ces jeunes clients dans le respect des PDSB.

Pour tous les milieux qui accueillent une clientèle pédiatrique présentant des déficiences motrices, il est donc primordial d’analyser l’ensemble de la situation de travail afin de prévoir des conditions pour que l’assistance à ces enfants puisse être exécutée de façon sécuritaire pour les soignants et les clients. Ces conditions passent par l’ajout d’équipements de mobilisation et de transfert, l’aménagement sécuritaire des lieux, l’établissement de procédures sur l’évaluation et la diffusion des méthodes de transfert recommandées pour chaque client, la formation sur les PDSB, la sensibilisation à utiliser les équipements de transfert, etc.

Références

(Date de publication : juillet 2014)

 

 

Soins d'hygiène au lit avec ridelles

Peut-on effectuer des déplacements au lit de façon sécuritaire lorsque les ridelles sont levées ?

Des ridelles relevées représentent un obstacle qui influence la posture du soignant qui doit alors travailler avec les bras élevés (en flexion ou en abduction), ce qui constitue un risque de blessure aux épaules. De plus, cette posture rend plus difficile l’exécution d’un transfert de poids ou d’un contrepoids. En sollicitant moins ses jambes, le soignant force davantage avec le dos et les bras.

Il est donc préférable d’abaisser les ridelles lors des déplacements du client dans le lit, chaque fois que cela est possible. Certaines situations de travail requièrent toutefois de maintenir les ridelles élevées (ex. : client très craintif), créant des risques lorsqu’on doit glisser le client ou le rouler. On pourra alors réduire les risques pour le soignant en utilisant des rallonges (ex. : drap sous le client) et en abaissant le lit pour la durée du déplacement.

(Date de publication : juin 2016)

La réponse est-elle la même pour les soins d’hygiène ?

Les soins d’hygiène devraient aussi être effectués avec les ridelles abaissées, chaque fois que cela est possible.

Toutefois, des équipements d’hygiène tels que la civière-douche ou la Toile-Nette  sont conçus pour une utilisation avec les ridelles en position élevée afin d’éviter que l’eau tombe au sol. On utilisera alors des rallonges (ex. : drap sous le client) et on procédera aux soins en abaissant le lit ou la civière de façon à ne pas travailler avec les bras élevés. On pourra aussi tourner le client sur le côté de façon sécuritaire même si les ridelles sont levées (sauf rares exceptions, comme avec un soignant de très petite taille, par exemple).

Par ailleurs, il sera très important de bien positionner le client avant le début des soins pour minimiser les occasions de le déplacer ensuite puisque, tel que décrit ci-dessus, les déplacements du client sont plus difficiles à effectuer de façon sécuritaire si les ridelles sont relevées.

Enfin, si on laisse les ridelles en position élevée parce que le client est agité, on devrait s’interroger sur la pertinence d’effectuer le soin ou le déplacement à ce moment précis : est-il possible de n’effectuer le soin ou le déplacement que lorsque le client sera calme ? Si le client s’agite à chaque manœuvre, on devrait plutôt tenter d’en comprendre la raison et modifier l’approche plutôt que réaliser le soin ou le déplacement avec des ridelles élevées.

(Date de publication : juin 2016)

  

 

Stratégie de déplacement

Peut-on, de façon sécuritaire, glisser un client vers nous et le pousser ensuite pour le faire tourner ?

En principe, non. Néanmoins, sous certaines conditions, l’exécution peut respecter les PDSB.

Un principe de mouvement précise que l’on doit « Amener le client vers soi plutôt que le pousser ». Ceci nous permet de maintenir un contrôle sur le client : en l’approchant de nous, on assure sa sécurité. Dans le cas de la manœuvre glisser/tourner vers le côté opposé, il faut noter que le client sera éloigné de nous lorsqu’il sera tourné sur le côté. Il faudra donc s’assurer que le client se sent pleinement en confiance lors de la phase « tourner ».

La manœuvre de « glisser/tourner vers le côté opposé » est-elle sécuritaire ?

Examinons les principales contraintes liées à cette manœuvre.

  1. Contrainte au niveau lombaire

    Skotte J.H. et al. (2002)1 ont étudié la manœuvre pour quantifier la force de compression qu’elle produisait sur le disque intervertébral situé entre les vertèbres L4 et L5.
    En comparant la force obtenue (2197 N) au seuil sécuritaire établi par le modèle NIOSH2 (3400 N), il apparaît que la manœuvre ne présente pas de risque au niveau lombaire lorsque les principes de positionnement sont respectés.
     
  2. Contrainte pour les épaules

    Il est reconnu qu’une contrainte s’exerce sur les épaules du soignant lorsque ses bras s’écartent de son corps (mouvement d’abduction, tel qu’illustré).

  • Le soignant doit éviter l’écartement de ses bras :
    • ses coudes sont fléchis et collés le long de son tronc (photo 1) ;
    • ses avant-bras sont soit en pronation, soit en position neutre avec les paumes qui se font face (photo 2) ;
    • il utilise une rallonge (par exemple un piqué, une alèse).

 

Les étapes de la manœuvre

  1. Glisser 
    Si le client est au centre du lit – donc éloigné – il faut d’abord le glisser vers soi, en utilisant un transfert de poids avant-arrière ou un contrepoids. Cette manœuvre est présentée dans le cahier du formateur à la page 214.
     
  2. Tourner vers le côté opposé 
    Mouvement du soignant : transfert de poids arrière-avant ou contrepoids
    Mouvement du client : rouler
    Niveau d’assistance :  assistance partielle ou totale
  • Préparation
    • Avoir une surface glissante et une bonne rallonge (piqué, drap ou alèse) sous le client.
    • Fixer la hauteur du lit plus bas que le niveau des coudes.
    • Positionner le client pour favoriser son mouvement naturel (tête tournée dans le sens du mouvement, genoux fléchis ou jambes croisées).
       
  • Positionnement 
    • Se positionner vis-à-vis le milieu du corps du client (à la fin du mouvement, le client fera dos au soignant).
    • Fléchir les genoux.
    • Garder le dos non voûté et sans torsion.
    • Écarter les pieds et les orienter pour favoriser le mouvement.
       
  • Prise 
    • Saisir la rallonge avec les avant-bras en position neutre, c’est-à-dire les paumes se faisant face. Les coudes sont fléchis à 90° au moins et collés le long du corps (photos 1 et 2 ci-dessus).
    • Écarter les mains à la largeur de ses épaules.
    • Placer les mains très près du corps du client.
       
  • Mouvement 
    • Lors du transfert de poids de l’arrière vers l’avant, le client roule vers le côté opposé.
    • Dans le cas du contrepoids, le client roule également vers le côté opposé lorsque le soignant le redresse.
    • Garder les coudes fléchis et les bras collés le long de son corps tout au cours de la manœuvre.

Les limites de cette manœuvre 

En aucun temps, le glisser/tourner vers le côté opposé ne doit cautionner des conditions de travail inacceptables (ex. : travail à une personne si la condition du client requiert deux soignants, un problème d’aménagement où le lit n’est pas accessible des deux côtés, etc.).
 

Références 

  1. Skotte, J. H. et al. « A dynamic 3D biomechanical evaluation of the load on the low back during différent patient-handling tasks », Journal of Biomechanics. 35, 2002, p. 1357-1366.
  2. National Technical Information Service. Support Documentation for the Revised 1991 NIOSH Lifting Equation, PB91-226274 (U.S. Department of Commerce, Springfield, VA, 1991.

(Date de publication : janvier 2017)

 

Utilisation de la civière-douche

Existe-t-il des lignes directrices à suivre concernant le nombre de personnes aidantes lors de l’utilisation de la civière-douche ?

La question concerne autant sinon plus la sécurité du client que la sécurité du ou des soignants impliqués dans les situations de travail d’utilisation de la civière-douche. L’ASSTSAS est un organisme dont la mission est l’amélioration de la santé et de la sécurité des soignants. Cependant, on ne peut, bien sûr, faire la promotion de la sécurité des soignants aux dépens de la sécurité des clients. Ainsi, certains conseils sont en lien avec la gestion des risques et nous vous suggérons de référer à vos instances dans ce dossier : gestionnaire de risques et commissaire aux plaintes.

Risques lors de l’utilisation de la civière-douche

Comme la question de seul ou à deux sous-entend la notion de risque, analysons d’abord les risques présents dans l’utilisation de la civière-douche :

  • Pour le client :
    • risque de chute de la civière-douche :
      • au moment des transferts lit-civière-douche ; civière-douche-lit, civière-douche-fauteuil ;
      • pendant l’hygiène au moment des manœuvres pour tourner le client sur le côté.
  • Pour les soignants :
    • risque de séquelles psychologiques :
      • en cas de chute du client ;
    • risque de postures contraignantes et d’efforts excessifs :
      • pour transférer, tourner et habiller le client.

Lignes directrices pour l’utilisation de la civière-douche

Les lignes directrices que nous connaissons sont :

  • ce qui est écrit sur le site Internet de Arjo Canada (12-03-14) concernant son modèle Concerto nommé Chariot-douche :
    « L’ensemble de la procédure est gérable par un seul soignant mais, pour une efficacité optimale, il est recommandé de prévoir deux soignants. » ;
  • ce que l’ASSTSAS a déjà publié :
    « D’abord, il est préférable d’effectuer ce type de toilette à deux soignants. Cela facilite beaucoup la préparation du client ainsi que les transferts. Avec un client présentant des déficits cognitifs, être deux permet de mieux appliquer et de maintenir l’approche relationnelle. » (« La civière-douche : bien-être pour le client, sécurité pour le soignant ». Objectif prévention, vol. 25, no 4, septembre 2002 ;
  • ainsi que notre vidéo.

Cependant, le travail à deux ne garantit pas à lui seul que la tâche sera exécutée de manière plus sécuritaire. Seul ou à deux, la sécurité dépend aussi d’autres facteurs : les caractéristiques du client, la méthode d’exécution de la tâche, le temps dont on dispose pour ce soin, l’état de l’équipement, les caractéristiques de la salle d’eau où on effectue cette activité et, sans oublier, les pratiques organisationnelles, objet de la question.

Concernant la méthode d’exécution de la tâche, particulièrement avec des clients qui peuvent s’agiter, l’ASSTSAS a écrit ceci : « En résumé, durant la toilette, un soignant demeure en relation avec le client par le regard, la parole et le toucher pendant que l’autre effectue les gestes de la toilette. Les soignants peuvent alterner ces rôles. Les communications entre eux sont limitées aux besoins de la tâche. Ainsi, la présence des soignants est entièrement dévolue au client. » (Objectif prévention, vol. 25, no. 4, 2002, p. 30-32).

(Date de publication : mars 2014)

Est-ce qu’un préposé aux bénéficiaires ou un autre aidant seul peut effectuer l’hygiène d’un client à la civière-douche si la tâche a été évaluée comme sécuritaire ? Si oui et qu’il arrive un accident, est-ce que nous pouvons être blâmés ?

Selon nous, la pratique organisationnelle qui assure la sécurité du patient et celle du ou des soignants n’est pas nécessairement que la tâche soit exécutée à deux, mais que l’on ait déterminé, par une évaluation d’équipe, incluant les préposées aux bénéficiaires, la méthode de travail la plus appropriée pour chaque client. C’est ce qui est prévu dans la Loi sur les services de santé et les services sociaux, article 102 : le plan d’intervention.

Quant à savoir si on peut être en tort (faute) s’il survient un accident avec un client pour lequel on aurait évalué qu’il était sécuritaire d’effectuer l’hygiène à la civière-douche seul, chaque cas est unique pour déterminer le « tort ». On peut cependant rappeler que concernant la sécurité des clients, nous avons une obligation des moyens, non des résultats. Le choix des moyens doit résulter d’une évaluation selon les meilleurs critères ou règles de l’art. « La norme est celle du bon professionnel moyen, prudent et compétent (règles de l’art) placé dans les mêmes circonstances. » (Me Gary Mullins, Le droit est-il la seule force qui puisse stopper un usager dans sa chute ?, 2e colloque « chutes » organisé par l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, 2004.)

Par exemple, à la suite d’un accident mortel lors de l’utilisation du lève-personne, le CSSS de la Vieille-Capitale s’est doté d’une démarche de détermination de la méthode spécifique à chaque client.

Autre exemple, la cour (Laviolette c. Centre hospitalier Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme, 2003, Cour supérieure, no 700-05-011567-025) a rejeté qu’il y ait eu faute dans le cas d’une dame qui a chuté du lit à l’urgence du Centre hospitalier Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme. On ne l’avait pas contentionnée et on n’avait pas relevé les ridelles. Les informations au dossier montraient que les infirmières en cause avaient agi selon les règles de l’art : elles avaient utilisé la Grille d’évaluation des risques de chute et pris en considération les observations de collègues ainsi que leur propres observations à l’effet que la dame était capable de circuler autour de son lit, de se mobiliser entre son lit et son fauteuil, qu’elle ne souffrait d’aucune confusion ou perte de lucidité.

Rappelons que vos instances locales, gestionnaire de risque et commissaire aux plaintes, sont vos meilleures ressources pour déterminer la règle propre à votre établissement.

(Date de publication : mars 2014)

Utilisation du lève-personne (mobile au sol ou sur rail au plafond)

Lors d’un transfert du lit au fauteuil roulant avec un lève-personne, doit-on appliquer les freins sur le fauteuil roulant ?

À moins d’indication contraire du fabricant, on applique les freins sur le fauteuil roulant mais pas sur le levier mobile au sol (cahier du participant PDSB, page 138), selon la méthode ci-dessous :

  • installer le client dans la toile et le lever à l’aide du levier ;
  • appliquer les freins du fauteuil roulant ;
  • approcher le levier du fauteuil roulant jusqu’à ce que les fesses du client appuient sur le dossier, ce qui fera basculer le fauteuil légèrement vers l’arrière ;
  • descendre le client dans le fauteuil roulant sans appliquer les freins du lève-personne, en s’assurant que ses fesses demeurent en contact avec le dossier tout au long de la descente. Ainsi, on s’assure que le client sera assis bien au fond du fauteuil et on évite de le repositionner ;
  • le soignant peut aussi appliquer une légère pression sur le client pour le diriger bien au fond du fauteuil. Si les freins du fauteuil roulant n’étaient pas appliqués, ce dernier reculerait, ce qui nuirait à l’efficacité de la manœuvre ;
  • les freins du levier n’étant pas appliqués, il se replacera de lui-même, évitant ainsi que le mat frappe la tête du client.

(Date de publication : mai 2016)

 

La réponse est-elle la même si on travaille seul ou à deux intervenants ?

L’application des freins du fauteuil roulant permet d’asseoir le client au bon endroit du premier coup. Ainsi, on utilisera la même méthode avec deux intervenants et pour les mêmes raisons, c’est-à-dire ne pas devoir déployer d’efforts pour repositionner le client après l’avoir transféré.

On voit parfois le deuxième intervenant basculer le fauteuil lors de la descente du client. Cette action donne un faux sentiment de sécurité et l’impression de faire quelque chose d’utile. Dans les faits, cela n’augmente en rien l’efficacité de la manœuvre. Le second soignant sera bien plus utile en demeurant en relation avec le client pour le rassurer plutôt qu’en basculant son fauteuil.

(Date de publication : mai 2016)

 

La réponse est-elle la même si on utilise un lève-personne mobile au sol ou un lève-personne sur rail au plafond ?

Oui. Qu’on utilise un levier mobile au sol ou sur rail au plafond, on applique les freins sur le fauteuil roulant pour asseoir le client bien au fond du fauteuil.

(Date de publication : mai 2016)

La réponse est-elle la même si le transfert s’effectue dans un fauteuil gériatrique ?

Comme le fauteuil gériatrique ne bascule pas, on incline plutôt le dossier et l’assise vers l’arrière et on procède ensuite de la même façon qu’avec un fauteuil roulant (cahier du participant, page 137) en appliquant une légère pression sur le client pour le diriger à l’endroit souhaité.

(Date de publication : mai 2016)

 

La réponse est-elle la même lors du transfert inverse, c-à-d. du fauteuil au lit ?

Il n’est pas nécessaire d’appliquer les freins du fauteuil roulant lors du transfert du fauteuil roulant au lit. Cependant il faut tout de même s’assurer que le fauteuil reste sous le lève-personne pour que la montée demeure bien verticale.  Par ailleurs, s’il faut mettre la toile au fauteuil, l’application des freins en facilitera l’installation.

(Date de publication : janvier 2017)