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Caractéristiques d'un bon chariot

Un chariot sécuritaire et fonctionnel doit respecter différents critères. Il doit tout particulièrement être facile à mobiliser, c'est-à-dire exiger peu d’effort et offrir une conduite facile, en plus d'être bien adapté à la tâche. Qu’il serve de surface de travail ou d’outil pour transporter du matériel, il doit avoir les caractéristiques compatibles avec l’utilisation qu’on en fait.
 

La roue et la roulette


Il existe une très grande variété de types de roues et de roulettes. Les caractéristiques techniques sont nombreuses et complexes et il y a plusieurs milliers de possibilités. Par exemple, chez un seul fabricant de roues, on peut compter plus de 350 types de roues offrant chacune une multitude de variantes. Il est donc conseillé de faire appel à un expert de confiance pour s’assurer de faire les bons choix. 

Tout d’abord, il faut distinguer les roues et roulettes d’appareils de celles pour les chariots de manutention.

Roues et roulettes d'appareils

Pour un usage intérieur, les roulettes d’appareils sont conçues pour faciliter la conduite avec peu de résistance au roulement. Elles ont aussi la particularité d’être silencieuses et sont généralement conçues avec un pivot à tige.

Elles n’ont cependant pas la capacité de charge de celles conçues pour la manutention.

Roues et roulettes pour les chariots de manutention
Conçues principalement pour prendre des charges importantes (plus de 200 kg), elles sont robustes et adaptées pour des environnements contraignants. Le système de pivotement est généralement sur platine.
Il existe également des modèles de roues et roulettes qui permettent de supporter de lourdes charges. Ce type de roue est utile en milieu industriel où les capacités de charge doivent dépasser les 1 000 kg. On la retrouve donc plus rarement en milieu hospitalier

Tous ces modèles de roues et roulettes peuvent être fixes ou pivotantes.

Ensuite, il peut être intéressant de connaître les dimensions et composantes de la roulette et de la roue.
Ces informations sont données à titre informatif seulement.

Dimensions et composantes principales de la roulette
Dimensions et composantes principales de la roue

Le principe est très simple : plus la roue a un grand diamètre, plus elle réduit l’effort de roulement de l’équipement. Les roues de grandes dimensions ont aussi l’avantage de franchir plus facilement les inégalités et les aspérités du sol de même que les dénivellations (par exemple lors de l’embarquement et du débarquement de l’ascenseur). Cependant, elles contribuent à élever la hauteur du chariot, ce qui peut donc être limitatif dans certaines situations.

Longueur du déport

Le déport est la distance horizontale séparant l’axe du pivot de l’axe du moyeu. Le choix d’une roue pivotante devrait tenir compte de la longueur du déport : plus il est petit, plus il exigera d’effort pour faire pivoter la roue. Le démarrage d’un chariot dont les roues ne sont pas encore pivotées est plus forçant, car le pivotement crée une résistance.

Type de bande de roulement

La dureté de la bande de roulement influence la force nécessaire pour mobiliser un chariot. Plus une roue est souple et s’affaisse, plus elle offrira de la résistance. Par contre, plus la roue est dure, plus elle résistera au poids et restera performante, mais elle passera plus difficilement par-dessus les aspérités et les inégalités du sol. En général, les bandes de roulement en caoutchouc sont plus souples que celles de polyuréthane. Le choix du type de roue doit donc tenir compte de la qualité du sol et du poids du chariot.

D’autres caractéristiques de la bande de roulement peuvent influencer le choix de la roue comme sa largeur et sa forme.

Type de roulement du moyeu

Il existe plusieurs types de moyeux avec différentes résistances au roulement. On retrouve principalement, dans l’ordre croissant de performance, le moyeu fixe, à rouleaux et à roulement à billes. Le choix dépendra non seulement de la charge et de la nécessité de réduire la résistance au roulement, mais aussi de la vitesse et de la fréquence d’utilisation.

Source : ACTILEV - MATÉRIELS & FOURNITURES POUR INDUSTRIES ET COLLECTIVITÉS. 4-Détermination des contraintes particuliaires, [en ligne]. [http://www.actilev.fr/roue-caoutchouc-noir-fixe-mf661-xml-493-3263.html]
 

Différentes combinaisons de roues


Faut-il des roues fixes ou pivotantes ? Comment les placer les unes par rapport aux autres ? Afin de favoriser la maniabilité de l’équipement, il faut faire un choix judicieux et averti quant aux combinaisons de roues possibles. Ce choix dépend de la situation, notamment du poids de la charge, de la longueur du chariot, de la longueur et des caractéristiques du trajet (virages, lignes droites), de la nécessité ou non de pousser le chariot latéralement (pour le ranger) ou encore du besoin de manœuvrer dans un espace restreint.

4 roues pivotantes
Utiles pour pousser le chariot dans tous les sens et pour le ranger dans des espaces restreints. Par contre, la conduite en ligne droite sera difficile et d’autant plus difficile si le chariot est lourd.
2 roues fixes et 2 roues pivotantes

Cette combinaison accommodera plusieurs situations où on a besoin d’une stabilité dans la direction du chariot sur des trajets en ligne droite tout en favorisant les virages.

Placées à l’avant, les roues pivotantes facilitent la conduite sur des trajets en ligne droite, mais le chariot doit être de poids assez léger et plutôt court. Lorsqu’il y a beaucoup de poids sur les roues pivotantes, l’effort pour tourner le chariot peut être important.

Lorsque les roues pivotantes sont placées à l’arrière, cela permet plus facilement de tourner un chariot lourd et long puisqu’il suffit de déplacer l’arrière.

 

 

 

 

4 roues pivotantes dont une à blocage directionnel
Une seule roue fixe peut suffire à donner la stabilité recherchée. Dans une situation où le chariot doit être rangé en le poussant latéralement, cette roue fixe pourrait être à double fonction, c’est-à-dire être pivotante à blocage directionnel. Cela permet de convertir facilement le chariot à 4 roues pivotantes. Cependant, le conducteur doit prendre le temps de le faire, ce qui n’est pas assuré surtout lorsque la commande à pédale est difficile d’accès.
2 roues fixes sur les côtés et 2 roues pivotantes à l'avant et à l'arrière
Pour créer cette formation en losange, les roues fixes doivent être légèrement de hauteur supérieure aux roues pivotantes. Cette combinaison permet une bonne conduite en ligne droite, mais est surtout caractérisée par une grande aisance à pivoter le chariot sur lui-même. Il faut cependant utiliser le chariot sur des sols plats, car il est plus susceptible de basculer. Les roues latérales pourraient monter sur un essieu.
4 roues pivotantes aux 4 coins et 2 roues fixes au centre
Très utiles pour le transport de charges lourdes et d’un long chariot. Celui-ci sera facile à manœuvrer en ligne droite et lors de virages.
3 roues pivotantes
On retrouve cette combinaison pour des bases servant souvent à déposer des poubelles ou des barils. Cela évite de soulever les charges et permet une manipulation dans tous les sens. Par contre, cela ne facilite pas les longs trajets, d’autant plus que ces bases ne comportent pas de barres de poussée.

Freins


Certaines situations de travail exigent l’immobilisation de l’équipement roulant, par exemple lorsqu’il devient un plan de travail (atelier mobile), lorsqu’il sert de système de rangement ou lorsqu'il a, tout simplement, tendance à bouger de manière incommodante.

Il existe toutes sortes de freins. Certains ne bloquent que le roulement, d’autres le roulement et le pivotement. On obtient donc une meilleure stabilité lorsque l'on peut bloquer le pivotement. La majorité des systèmes de freinage tourne avec la roue et donc la pédale de frein se retrouve souvent cachée sous le chariot. Si l’utilisation des freins est importante, il existe des systèmes où la pédale de frein ne se déplace pas avec la roue, demeure toujours facile d’accès ou, encore, actionne plus d'une à la fois (ex. : frein central des lits d’hôpitaux et patin d’immobilisation pour les ateliers mobiles).

Certains chariots sont dotés de roues à freins de type « papillon ». Ce système est peu convivial et devrait être remplacé. Il faut se souvenir qu’un frein facile d’utilisation est un frein qui a le plus de chance d’être utilisé. 

Roue avec un freinPatin d'immobilisationSystème de freinage central

Autres caractéristiques d’un bon chariot


Dimensions et capacité de chargement

Les dimensions du chariot doivent correspondre à des besoins spécifiques tout en évitant des contraintes. Par exemple, on s’assura que la capacité de chargement est suffisante afin d’éviter des allers-retours et des pertes de temps tout en limitant les efforts à l’intérieur des limites recommandées. On cherchera aussi à éviter le « surchargement »

La hauteur des équipements roulants représente souvent une contrainte limitant la vision du conducteur. Lorsque cela dépasse environ 55 po, les personnes de petite taille commenceront à être gênées. Lorsque l’utilisation d’un tel chariot est incontournable, des mesures particulières doivent être appliquées (ex. : utilisation du tire-chariot dirigé à deux personnes, limitation de la charge, installation de miroirs, conduite plus prudente).

La largeur et la longueur doivent être réduites au minimum, surtout lorsque les lieux d’utilisation sont restreints. Cependant, il faut s'assurer de la stabilité du chariot.

Barre de poussée

La barre de poussée est un élément important dans la facilité à manœuvrer un chariot.

  • La barre de poussée doit évidemment être placée du côté arrière du chariot ou des deux côtés lorsqu’il est souhaitable de pouvoir le manœuvrer des deux côtés.
  • Plus la barre de poussée horizontale est large, plus il sera facile de tourner le chariot grâce à l’effet du bras de levier. Par contre, la barre de poussée ne doit pas être plus étroite que le chariot.
  • La hauteur de la barre doit permettre de conserver une bonne posture lors de la conduite. Une prise à une hauteur entre 36 et 44 po (du sol est une bonne référence. Par contre, à 36 po les grandes personnes risquent de se pencher et lorsque les efforts sont importants, vaut mieux une prise plus haute que trop basse. Ainsi, s’il faut déterminer une hauteur fixe, ce serait à 40 po du sol, car cette hauteur convient à une majorité de situations et d’individus.
  • Une barre de poussée verticale a l’avantage d’accommoder les personnes de différentes grandeurs et des charges variables.

  • Une barre de poussée avec des sections horizontale et verticale permettra des positions variées des mains.
Une barre de poussée cylindrique et d’un diamètre d’environ 4 cm facilite la préhension. On doit s’assurer également d’un bon dégagement tout autour pour laisser l’espace nécessaire à la main et aux jointures des doigts.
Conception facilitant la manutention
La hauteur des surfaces sur lesquelles on dépose et on saisit le matériel transporté doit être adaptée à l’adoption de bonnes postures de manutention. Certains chariots sont dotés d’un fond à hauteur variable et permettent donc de manipuler des charges à une hauteur plus sécuritaire.

La hauteur du chariot est très importante s’il sert de plan de travail. La hauteur dépendra alors de la nature de l’activité.

Hauteur du plan de travail.

Adaptation particulière à l'environnement et à l'activité de travail
Le milieu dans lequel le chariot est utilisé peut exiger une conception particulière. Par exemple, dans un service alimentaire, la présence d’eau et d’humidité exige une résistance à la corrosion. Dans un milieu aseptique, comme dans une salle d’opération ou dans une salle blanche, le chariot doit être facile à nettoyer et à maintenir propre ou, encore, il doit disposer d’une housse pour protéger le chargement ou contenir un produit souillé. Chaque situation a des particularités bien distinctes et conduira à un choix spécifique.
Source des photos et illustrations  
Les photos des roues, roulettes et des freins proviennent de la compagnie Blickle. Les illustrations proviennent du guide de l'OHSAH, Using Carts in Healthcare: a resource guide for reducing musculoskeletal injury, in partnership with Vancouver Island Health Authority, 2005.